Chapeaux des années 20 : Le chapeau cloche
Il y a des chapeaux qui couvrent, et d'autres qui racontent. Le chapeau cloche appartient à cette seconde catégorie : un couvre-chef chargé d’histoire, né d’une révolution silencieuse, et devenu, au fil du temps, une signature d’élégance intemporelle.
La naissance d’un chapeau, la naissance d’une femme libre
Les années 20, que l’on surnomme avec justesse les " années folles" , marquent une rupture profonde dans l’histoire de la mode féminine. Après la guerre, la femme s’émancipe, s’affirme, respire enfin. Elle se déleste des corsets, des volumes contraignants, des ornements superflus.
Sa silhouette s’allège, son allure se transforme… et son chapeau aussi.
Dans une société où sortir tête nue était inconcevable, le couvre-chef demeure indispensable. Mais il change de langage. Le chapeau cloche apparaît alors comme une évidence : simple, moderne, presque audacieux. Il accompagne cette femme nouvelle qui ne cherche plus à plaire à tout prix, mais à être elle-même.
Pourquoi le chapeau cloche est devenu l’emblème des années 20

Le chapeau cloche tire son nom de sa forme reconnaissable entre toutes. Une calotte arrondie, enveloppante, prolongée par des bords courts et tombants, qui descendent doucement sur le front.
À l’opposé des chapeaux spectaculaires d’avant-guerre, il prône la retenue, l’équilibre, la modernité.
Très vite, il devient indissociable de la mode des années 20. Porté bas sur le visage, il accompagne les coupes courtes, les silhouettes droites, l’esthétique garçonne. Plus qu’un accessoire, il incarne une attitude : celle d’une femme qui avance, libre et résolue, dans un monde en mutation.
Le chapeau cloche s’inscrit ainsi dans une époque foisonnante, où la création chapelière accompagne les bouleversements sociaux et esthétiques. Aux côtés d’autres formes emblématiques, il dialogue encore aujourd’hui avec l’univers des chapeaux années 20 & 30 , dont il demeure l’une des expressions les plus marquantes.
Comment reconnaître un véritable chapeau cloche ?
Si sa forme semble simple, il n'en reste pas moins un chapeau chic qui exige en réalité une grande maîtrise.
Tout est question de proportions.
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La calotte doit être parfaitement ronde, ni trop haute, ni trop plate, afin d’épouser la tête avec naturel. Les bords, quant à eux, sont courts et inclinés vers le bas, parfois légèrement asymétriques, pour encadrer le visage sans jamais l’alourdir. Les ornements, lorsqu’ils existent, restent discrets : un nœud, un ruban, un jeu de matière… toujours au service de l’allure.
Un chapeau cloche réussi se reconnaît à son tombé, à son équilibre, et à cette impression subtile qu’il fait corps avec celle qui le porte.
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À la même époque, d’autres formes iconiques traversent les décennies. Il est important de ne pas le confondre avec le chapeau melon .Plus structuré, plus affirmé, le chapeau melon incarne une élégance différente, presque architecturale. Là où le melon affirme une présence nette et symétrique, le chapeau cloche privilégie la fluidité, le tombé et la proximité avec le visage. L’un se pose, l’autre enveloppe.
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Un chapeau qui sublime le visage

L’un des grands atouts du chapeau cloche réside dans sa capacité à mettre en valeur les traits.
Là où d’autres formes dissimulent, il révèle.
En encadrant le visage, il attire le regard sur les yeux, souligne les pommettes, adoucit les lignes. Il convient aussi bien aux visages fins qu’aux traits plus affirmés, et se porte avec élégance sur cheveux courts, mi-longs ou longs.
Qu’ils soient lâchés, attachés ou glissés sous la calotte, les cheveux trouvent naturellement leur place.
Le chapeau cloche n’impose rien : il accompagne, il souligne, il magnifie.
« Bien se chausser, c’est commencer par le bas. Bien se coiffer, c’est se souvenir que tout commence par le regard. »
Comment porter le chapeau cloche aujourd’hui ?
Si ce chapeau féminin est profondément ancré dans l’imaginaire des années 20, il n’appartient en rien au passé.
Aujourd’hui, il se réinvente avec subtilité.
Porté avec un manteau long, un trench structuré ou une robe fluide, il apporte une touche de caractère sans jamais verser dans le costume. En ville comme lors d’une occasion plus habillée, il s’adapte, se fait tantôt discret, tantôt affirmé.
Loin du déguisement rétro, il devient un signe de distinction, une manière d’affirmer son style avec douceur et assurance.
Bien choisir son chapeau cloche
Choisir un chapeau cloche, c’est avant tout choisir une sensation… et une saison.
Traditionnellement confectionné en feutre, le chapeau cloche s’est imposé dès les années 20 comme un allié précieux pour les journées fraîches. En feutre de laine ou de poil , il protège avec douceur tout en conservant une tenue impeccable, idéale pour l’automne et l’hiver.
Mais le chapeau cloche ne se limite pas aux saisons froides. Avec le temps, il a su se réinventer et se décliner dans des matières plus légères, notamment en paille , pour accompagner les beaux jours. Aérien, lumineux, il conserve alors sa forme emblématique tout en offrant fraîcheur et confort sous le soleil estival.
Quelle que soit la matière, le confort reste essentiel : le chapeau doit épouser la tête sans la contraindre, se faire oublier tout en affirmant sa présence. La qualité de fabrication joue ici un rôle déterminant. Un chapeau cloche bien conçu traverse les saisons, conserve son élégance et gagne en caractère au fil du temps.
Un beau chapeau cloche n’est pas un simple accessoire : c’est une allure qui s’adapte, un compagnon de style à porter toute l’année.
Une élégance rétro qui traverse le temps

Porter un chapeau cloche aujourd’hui, c’est faire le choix d’une élégance discrète et assumée.
C’est renouer avec l’esprit libre des années folles, sans nostalgie, mais avec respect.
C’est affirmer une allure, un goût pour les belles choses, un amour du détail juste.
Intemporel et toujours ravissant, le chapeau cloche continue de séduire celles qui savent que le véritable chic ne s’impose jamais. Il se devine, il se ressent… et il s’imprime durablement dans les mémoires.